Le saviez-vous ? spécial journal Tintin
À l'occasion des 77 ans du journal Tintin, découvrez quelques anecdotes et des informations insolites sur ce mythique hebdomadaire qui a bercé la jeunesse de nombreux lecteurs âgés de “7 à 77 ans” !
Anecdote n° 16 : Une page en trop
Lorsque le 25 novembre 1959, dans le numéro 47 du journal Tintin, paraissait la dernière page de Tintin au Tibet, celle-ci était la soixante-troisième. Hors, tous les albums des Aventures de Tintin sont à présent formatés en soixante-deux pages. Il fallait donc récupérer une page – ou quatre bandes – pour que cette aventure soit au bon format. C’est le gag développé dans la dernière bande de la planche 37 et les trois premières de la planche 38 qui en fit les frais. Les voici donc ; ils sont restés inédits en album.
Anecdote n° 15 : Un Japonais au Far-West
Le corps d’Algernon Brown est la dernière aventure de Comanche dessinée par Hermann, si l’on excepte la courte histoire réalisée en 2023 pour le numéro exceptionnel du journal Tintin. Il a créé Jérémiah et n’accroche plus trop aux scénarios de Greg dont ce sera la dernière collaboration à son œuvre. Un peu fatigué par la série, il décide, pour exprimer son ennui, de truffer le récit de quelques anachronismes. On retrouvera donc au fil des pages, ici un touriste japonais perdu dans les rues de Laramie ou là un téléphone moderne (pour l’époque !) trônant sur un meuble.
Anecdote n° 14 : Une histoire belge à 15 titres
C’est dès le numéro 1 de 1972 que parut dans le journal Tintin cet ovni de la bande dessinée : une histoire bilingue, propre à l’édition belge et qui avait la particularité de changer de titre chaque semaine. L’histoire tournait autour d’un mystérieux chicon (belgicisme pour désigner une endive) et les héros principaux en étaient Léon Ducoq et Jef Van Leeuw (tout un programme !). C’est Honoré Delbouille - alias Yvan Delporte - qui en a écrit le scénario et Hubertus Verlinden qui l’a mise en images. Pour le plaisir et peut-être vous donner envie de vous plonger dans de vieux numéros du journal Tintin pour (re)découvrir cette perle, voici les différents titres sous lesquels elle a paru :
Une suite – jamais parue – fut annoncée sous le titre : « Le fils du retour du mystère de l’énigme du secret du chicon ».
Titres des 15 doubles planches parues dans le journal Tintin belge du n° 1 du 4 janvier 1972 au n° 15 du 11 avril 1972 © Delporte - Verlinden - Éditions du Lombard (Dargaud-Lombard S.A.) 2023
Anecdote n° 13 : Des débuts prometteurs
Roger Leloup, surtout connu pour la série Yoko Tsuno dont il assure scénario et dessin, a vu ses premiers travaux publiés dans le journal Tintin. Ainsi, dès 1954, et ce durant plusieurs années, il va y réaliser de nombreuses planches techniques et illustrer diverses rubriques qu’il signe de son nom. Sa première publication, le tank moyen M.47 « Patton » , témoigne déjà d’une belle maîtrise acquise à l’institut Saint-Luc à Liège et perfectionnée en tant qu’assistant de Jacques Martin.
Anecdote n° 12 : Le tout premier
Au cours de ses 42 années d’existence, le journal Tintin a publié de très nombreux posters sur la double page centrale.
On peut toutefois considérer que le tout premier d’entre eux parut dans le numéro spécial de 40 pages consacré au 11e anniversaire du journal Tintin, le numéro 39 du 26 septembre 1957.
Il s’agit d’un dessin collectif qui montre une magnifique fête de famille réunissant l’ensemble des personnages du journal Tintin, fêtant dignement le onzième anniversaire de l’hebdomadaire.
Anecdote n° 11 : Version courte ou version longue ?
En septembre 1972, dans le Tintin Sélection n° 17, Turk et de Groot signent une courte histoire de Clifton : Atout… cœur pour Clifton. Elle fait 16 pages format Tintin Sélection.
Quelques années plus tard, jugeant le sujet intéressant et estimant n’avoir pas tout dit, Bob de Groot reprend la même trame et développe l’intrigue en un récit de 40 pages que Turk va illustrer. Cette ‘nouvelle’ histoire parut dans l’hebdomadaire du n° 48 de 1979 au n° 8 de 1980 avant de sortir en album en 1981.
Anecdote n° 10 : Une histoire de poubelles
À l’aube des années ’70, Greg, rédacteur en chef du journal Tintin, est impatient de pouvoir publier la nouvelle histoire de Blake et Mortimer Les 3 formules du professeur Sato. Mais les planches tardent à rentrer.
En effet, Edgar P. Jacobs est un dessinateur très méticuleux ; l’histoire se déroule au Japon et, devant représenter des poubelles dans une scène de bagarre de rue, il a donc envoyé une demande de photos de… poubelles japonaises !
Les Japonais, méfiants, tardent à répondre. Les semaines et les mois passent. Lorsqu’enfin il reçoit la réponse, c’est pour réaliser qu’en fait elles ne diffèrent pas de celles que l’on trouve en Belgique. Mais dans l’intervalle un temps précieux a été perdu dans l’élaboration du nouveau récit.
Anecdote n° 9 : Il fallait l’oser
Les lecteurs qui découvraient leur hebdomadaire favori en cette fin d’année 1964 ont dû être bien surpris de découvrir une couverture toute blanche. Enfin presque ! En plus du logo, seuls deux fins traits bleus traversent le bas de la page. L’explication se trouve au dos du journal Tintin.
Il s’agit en fait d’un gag imaginé par Dino Attanasio, repreneur à l’époque de la série Modeste et Pompon, et qui prend toute sa saveur lorsqu’on ouvre le journal pour découvrir côte à côte couverture et dernière page de l’hebdomadaire.N’empêche, il fallait l’oser !
Anecdote n° 8 : Portrait de famille
Tibet est un caricaturiste hors pair. Il suffit pour s’en convaincre de (re)découvrir les multiples personnalités croquées avec talent dans les nombreuses Tibétières réalisées.
Dans ces cases extraites de l’album de Ric Hochet Requiem pour une idole, la plupart des personnes présentes sont issues du monde de la BD. Les plus perspicaces reconnaîtront Raymond Leblanc et parmi d’autres, les dessinateurs Mittéï, Aidans, Jacobs, Graton, Greg, Azara, Craenhals, Dany ou encore Jacques Martin, ainsi que René Goscinny. Certaines épouses de dessinateurs sont également présentes.
Enfin Tibet s’est également amusé à représenter plusieurs collaborateurs du journal Tintin, dont Daniel Philippart, rédacteur-en-chef adjoint du journal du temps de Greg, Viviane Rousie, responsable du département albums ou Jean-Paul Vander Elst, animateur attitré de l’hebdomadaire au début des années ’70.
Anecdote n° 7 : Le bon déclic
Tout au long de l’existence du journal Tintin, les Editions du Lombard se sont associées à de nombreux événements afin d’assurer la promotion de l’hebdomadaire. Ainsi, à l’automne 1987, le journal Tintin était présent au Parc des Expositions de Bruxelles pour « VIEW 87 », un salon consacré à la photographie.
Un numéro spécial du journal Tintin sur le thème de la photo est sorti pour l’occasion.
Il était possible de s’y faire photographier dans un side-car conduit par Cubitus et d’emporter la photo souvenir.
Anecdote n° 6 : Un numéro anonyme historique
Alors que le numéro 1000 du journal Tintin a été célébré en grand pompe, avec une couverture spéciale et un contenu à la hauteur de l’événement, il n’en a pas été de même du numéro 2000. La faute en est à la numérotation de l’hebdomadaire qui redémarre à 1 chaque année. Comme personne à la rédaction du journal n’a fait le compte des numéros parus d’année en année, ce numéro 2000 est sorti en 1985 de manière tout à fait anonyme. C’était le numéro 3 de 1985.
Anecdote n° 5 : Un titre pour Ric Hochet
Quelques semaines après avoir remis à Marcel Dehaye le synopsis d’une nouvelle aventure intitulée Ric Hochet contre Ric Hochet, Tibet reçoit un coup de fil du rédacteur en chef du journal Tintin. Et Marcel Dehaye de lui expliquer que Jacobs vient de lui communiquer les grandes lignes de son prochain Blake et Mortimer qu’il compte appeler… Mortimer contre Mortimer. Tibet s’en ouvre à Duchâteau qui propose alors comme titre Alias Ric Hochet. L’album de Tibet et Duchâteau, 9e tome de la série, sort en 1969. Il faudra attendre plus de 20 ans, en 1990, pour pouvoir lire Mortimer contre Mortimer qui est le sous-titre donné à la deuxième partie des Trois formules du professeur Sato.
Anecdote n° 4 : La rançon du succès
Nous sommes en janvier 1982. C’est la neuvième édition du Salon international de la bande dessinée d’Angoulême. Le Lombard est heureusement surpris lorsque le prestigieux salon décerne à Cosey l’Alfred du meilleur album pour Kate, le 7e tome de la série Jonathan. Pris de court sur son stand à Angoulême et n’ayant pas anticipé ce succès, l’éditeur se trouva rapidement en rupture de stock des albums de Jonathan. C’est dans l’urgence que les responsables firent le tour des libraires des environs pour récupérer des albums.
Anecdote n° 3 : Une fin qui n’en est pas une pour tout le monde…
Lorsque le journal Tintin s’est arrêté le 29 novembre 1988 et a été remplacé par Tintin Reporter, son équivalent flamand, het weekblad Kuifje, a continué de paraître encore quelques années, jusqu’à la fin de Hello bd, le 29 juin 1993. Les auteurs du Lombard y ont poursuivi la prépublication de leurs séries et ont réalisé pour l’occasion de nombreuses couvertures pour cet hebdomadaire. Autant de pépites inédites pour les lecteurs francophones.
Anecdote n° 2 : Un bourreau de travail...
En 1970, lorsque commence dans le journal Tintin la prépublication de l’histoire Ric Hochet contre le Bourreau, plusieurs pages doivent encore être réalisées par le dessinateur Tibet pour terminer cette aventure.
Malheureusement peu de temps après, celui-ci est victime d’un infarctus.
C’est donc son jeune assistant de l’époque, Christian Denayer, qui va dessiner les quatre dernières pages afin qu’il n’y ait pas d’interruption dans l’hebdomadaire. Tâche dont il a dû s’acquitter en une semaine dans un stress bien compréhensible.
Pour la sortie de l’album, Tibet va entièrement redessiner ces quatre pages, avec l’aide de Christian Denayer pour les décors.
Voici la première de ces quatre planches où la main de Tibet a été remplacée... au pied levé !
Anecdote n° 1 : Jacques Laudy, héros de bande dessinée pour la postérité
Le 26 septembre 1946 paraît le numéro 1 du journal Tintin. Jacques Laudy est un des quatre dessinateurs qui illustrent ce premier numéro, avec Hergé, Cuvelier et Jacobs qui inaugure les aventures de Blake et Mortimer dont de nouveaux épisodes voient encore le jour, 77 ans plus tard, sous la plume et le pinceau de plusieurs auteurs.
Saviez-vous que c’est Jacques Laudy qui a servi de modèle à Jacobs lorsqu’il s’est agi de représenter le capitaine Francis Blake ? Les deux hommes se connaissent depuis longtemps. Jacobs n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai puisque dans Le Rayon U, paru en 1943 dans Bravo – et dont le journal Tintin publia la réédition en 1974 – il s’était déjà inspiré du physique de Jacques Laudy pour représenter Lord Calder. Rien d’étonnant donc à ce que les deux héros de bande dessinée aient comme un air de famille.
Croquis de Jacques Laudy d'après nature par Edgar P. Jacobs pour le personnage de Lord Calder dans Le Rayon U © Jacobs - Éditions Gallimard 1981
Pour plus d'informations sur Jacques Laudy : Jacques Laudy, le centenaire oublié.
Nous avons appris récemment la disparition d’Edith Laudy-Ledoux, la seconde fille du peintre et dessinateur Jacques Laudy. Toute l'équipe de Tintin.com lui dédie, en hommage, cette publication.

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